La médiation animale

La médiation animale

Je suis une boule de poil, je lape le lait, je me blottis contre mon maître, et je fais Ron-Ron…

Et si le chat avait des vertus apaisantes et anti-stress ? Vrai, les japonais l’ont testé ! Séances de ronronthérapie entre midi et deux dans les grandes firmes pour relaxer les salariés et surtout… augmenter leurs productivités !

En effet, le chat, par son ronronnement et ses mouvements de « massages » permettraient de relacher les tensions et aurait un pouvoir apaisant. La détente remplace alors le stress, le chat réconforte et réchauffe.

Aïache, V. (2009). La ronron thérapie : Ces chats qui nous guérissent. France: Broché.

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En 1950, Levinson, pédopsychiatre américain, reconnaitra le rôle de catalyseur social chez l’animal envers l’homme. Il fut le premier  à écrire sérieusement et largement sur l’utilisation des animaux dans le traitement des désordres psychologiques, de par son expérience en cabinet avec un enfant qui a pu développer des interactions grâce à la présence de son chien alors qu’il ne communiquait pas.

 L’animal est l’éponge des émotions de l’enfant : l’animal permet un bien être émotionnel, il est anxiolytique, il soulage dans la tristesse. Il protège, rassure, sécurise, stimule, partage. Selon Beiger (2008), mettre l’enfant en situation d’allié de l’animal va offrir une (re)valorisation à l’enfant. L’animal est un facilitateur social permettant à l’enfant intraverti ou inhibé de s’extérioriser plus facilement. L’animal est selon l’auteur un excellent partenaire d’affectivité, d’estime de soi, d’équilibre, de responsabilité, de dialogue, d’ouverture envers les autres. En zoothérapie l’animal permet de comprendre la place de l’animal dans le fonctionnement psychique de l’enfant, dans ses rêves, dans son histoire personnelle, dans les symbolisations qui vont s’installer. Dans l’intégration et l’élaboration mentale des conflits, l’enfant va trouver en l’animal une issue qu’il va guider par le côté affectif. En plus d’être un compagnon de jeu, de plaisir, de compagnonnage, il est également anxiolytique, stimuli et repère.

 « L’animal va entrainer le rire par son comportement et sa complicité avec l’enfant. Il va lui apporter le sens de l’humour ou l’aider à le retrouver. Ces comportements joyeux vont l’encourager à la bonne humeur. L’animal transmettra de l’affection, de l’attachement, de l’amitié. Il ne laissera jamais l’enfant indifférent. Au contraire il va l’aider à faire face à l’isolement ou à une solitude due à une incompréhension dans les relations avec les parents ou ses enseignants. L’animal est le stimulus médiateur qui va permettre à l’enfant de se valoriser, de trouver son « moi » de canaliser ses émotions. L’animal  va aider à  la séparation avec les parents, il va également jouer un rôle important dans la prise d’indépendance. Il va découvrir son environnement grâce à l’animal. L’enfant va apprendre à imiter, à construire son empathie. » (Beiger, 2008, p. 27).

Selon l’auteur, l’animal est l’antidote à la solitude humaine, au stress, aux angoisses, au désarroi, à la fragilité. Il est le stimulus de l’enfant fragile chez qui l’on recherche à éveiller des réactions pour améliorer son potentiel cognitif, physique, psychosocial ou affectif. Il est le jeu, le confident, le régulateur des émotions.

 Le Poney

    J’ai eu l’occasion et surtout la chance de pouvoir utiliser le poney comme médiateur dans mon travail clinique avec divers types de handicap ( autisme, infirmité motrice cérébrale, maladie d’Alzheimer…etc ). Animal surprenant…

     Dans leur ouvrage, Beiger et Jean (2011) mettent en avant les apports positifs de l’équithérapie et l’hippothérapie sur les personnes avec autisme en s’intéressant à leurs volitions. Les activités assistées par l’animal fournissent un environnement multi sensoriel profitable aux enfants ayant un profond déficit de la communication sociale, et l’equithérapie a un effet sur la cognition sociale chez les enfants autistes, avec une amélioration de l’intégration sensorielle, de l’attention conjointe, de la motivation sociale, de la sensibilité sensorielle et une diminution de l’inattention et de la distraction.

    Selon  Willems (2011), la peau et le toucher est une base de cette médiation animale. En effet le rôle de la psychothérapie vise à reconstituer, à reconstruire des échanges précoces problématiques où le Moi-Peau n’a pas assuré sa contenance. L’animal va permettre dès lors un contact peau à peau afin d’en revenir à cet état psychique où le nourrisson se vivait ayant avec sa mère une peau commune et où la communication se constitue à un niveau vital primitif et essentiel, par le contact tactile, la douceur du poil, la chaleur du corps, la caresse, soit une expérience de bien-être.

     Dans la thérapie par le cheval, l’aspect corporel est surtout mis en avant, selon Willems  (2011), en effet la communication et les émotions passent par les postures. Une part importante est aussi accordée au travail à pied «  qui tend à abolir le rapport dominant-dominé induit par la monte, et qui ramène à la base de toute relation, c’est-à-dire du désir de l’autre : qu’est ce qui va donner à un cheval l’envie de me suivre ou de répondre à mes demandes ? » (Willems, 2011, p. 223).  Pour l’auteur, ceci a une importance concernant le respect mutuel de l’espace individuel de l’homme et du cheval, notion qui touche aux bases corporelles du narcissisme comme du rapport à l’autre. A l’inverse ce non-respect pourrait donner lieu à des agressions physiques. Cet espace est particulièrement travaillé dans le champ de l’autisme dont les sujets sont  sensibles aux intrusions et où des thérapeutes ont observé que les chevaux s’adaptaient avec justesse aux variations de leur « bulle », en s’approchant ou s’éloignant en fonction du degré d’ouverture.

       La thérapie avec le cheval vise aussi l’individuation et la singularisation du sujet. Par exemple les efforts qu’il faut faire pour monter et tenir sur un cheval renvoie au sujet enfant qui s’est levé pour la première fois, en lui faisant ré éprouver ce que cette station comporte de dynamique, les angoisses de chute suscitées par l’angoisse de séparation avec la mère porteuse. La thérapie vise aussi l’altérité en laissant réagir librement l’animal aux comportements du patient (sans danger). Un sujet qui ne vise qu’à la fusion corporelle se désintéresse de l’animal une fois descendu alors que celui qui se vit plus différencié prend plaisir à panser et nourrir le cheval.

 Documentaire

Guérir avec les chevaux?

 

Beiger, F. (2008). L’enfant et la médiation animale. Paris : Dunod.

Beiger, F. Jean, A. (2011). Autisme et zoothérapie. Communication et apprentissages par la médiation animale. Paris : Dunod.

Isaacson, R. (2009). L’enfant cheval. France: Albin Michel.

Willems, S. (2011). L’animal à l’âme. De l’animal-sujet aux psychothérapies accompagnées par des animaux. Paris : Seuil.

 

 

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